
Peut-on vraiment hériter de blessures que l'on n'a pas vécues soi-même ? L'idée séduit, dérange et divise. Pour comprendre ce qui se transmet vraiment et ce qui relève de l'interprétation, distinguons ensemble 3 notions clés : l'intergénérationnel, l'intragénérationnel et le transgénérationnel.
Le transgénérationnel fascine autant qu'il divise. Pour certains, il s'agit d'une réalité tangible, étayée par des études et des expériences cliniques ; pour d'autres, ce n'est qu'une construction pseudo-scientifique. Entre scepticisme et enthousiasme, les débats entre chercheurs et praticiens font rage, en particulier autour des constellations familiales, souvent accusées de manquer de preuves. Alors, que disent vraiment la science, la psychologie, l'expérience humaine et les témoignages de terrain sur ce qui se transmet, ou pas, entre générations ? Que laissons-nous en héritage et que portons-nous malgré nous ?
Avant même notre premier souffle, notre histoire commence à s'écrire. En effet, alors que nous ne sommes encore qu'une promesse de vie, des liens invisibles nous relient à celles et ceux venus avant nous. C'est ce qu'a révélé le docteur Karan Raj, chirurgien pour le National Health Service (NHS) au Royaume-Uni, dans une vidéo TikTok postée le 15 août 2023 : « Une partie de votre vie débute lors de la grossesse de votre grand-mère ».
Cette affirmation, qui peut sembler poétiquement déroutante, reposerait pourtant sur une réalité biologique fascinante. Imaginez votre grand-mère enceinte de votre mère. Dans le ventre de votre grand-mère, votre mère grandit et, à l'intérieur de votre mère encore bébé, ses ovocytes se forment déjà. Cela signifierait qu'une partie microscopique de vous, la cellule qui, bien des années plus tard, deviendra l'ovule fécondé vous donnant vie, était déjà là, dans le ventre de votre grand-mère.
« Une partie de votre vie débute lors de la grossesse de votre grand-mère. »
Dr Karan Raj — Chirurgien NHS, Royaume-UniCette réalité biologique illustre magnifiquement le lien physique qui nous unit aux générations précédentes, comme le suggèrent des études épidémiologiques approfondies, réalisées entre autres par Bastiaan T. Heijmans, Elmar W. Tobi, Aryeh D. Stein et L. H. Lumey.
En effet, d'après leur article « Différences épigénétiques persistantes associées à l'exposition prénatale à la famine chez l'homme » publié en 2008 au sein de PNAS, la revue officielle de l'Académie nationale des sciences des États-Unis, les individus exposés prénatalement à la famine pendant l'hiver de la faim aux Pays-Bas en 1944-1945 présentaient, six décennies plus tard, une méthylation de l'ADN du gène IGF2 moins importante que leurs frères et sœurs non exposés. Ces données sont les premières à étayer empiriquement l'hypothèse selon laquelle les conditions environnementales du début de la vie peuvent provoquer des modifications épigénétiques persistantes tout au long de la vie.
D'autre part, la science a également mis en lumière un phénomène fascinant, appelé microchimérisme. Selon un rapport mené par Alessia Bianchi et ses confrères, pendant la grossesse, les cellules fœtales peuvent migrer vers la mère via la circulation sanguine (et inversement). L'article Microchimérisme dans la sclérose en plaques, publié dans Frontiers in Neuroscience, indique qu'un certain pourcentage de ces cellules survivent dans les tissus maternels pendant des décennies, générant une population de cellules microchimériques fœtales dont le rôle biologique reste incertain.
En d'autres termes, nous portons littéralement des traces cellulaires de nos enfants, mais aussi de nos mères, voire de nos grands-mères.
Ces découvertes scientifiques ouvrent une porte passionnante pour comprendre comment les histoires, visibles ou invisibles, peuvent voyager d'une génération à l'autre.
Quel héritage émotionnel portez-vous ? Identifiez en 4 minutes quelles mémoires familiales invisibles influencent encore votre vie — et recevez un bon de 30€ sur votre premier atelier. Faire le test gratuit →Avant de détailler ces trois formes de transmission, imaginez l'histoire familiale comme une rivière : certains courants viennent directement de la source que vous connaissez, d'autres circulent entre des affluents proches, et d'autres encore remontent de nappes souterraines invisibles.
Ce qui se transmet directement entre générations en contact : parents, grands-parents, oncles, tantes… La transmission passe par les gestes, les mots, l'éducation, les valeurs ou les croyances.
Ce qui se joue au sein d'une même génération : entre frères et sœurs, cousins, conjoints. Les rivalités, alliances ou secrets partagés peuvent influencer profondément nos comportements.
La transmission au-delà des générations en contact. Elle peut se faire :
Par les comportements et loyautés invisibles : reproduire inconsciemment le destin d'un ancêtre oublié.
Par des mécanismes biologiques : l'épigénétique étudie comment nos expériences modifient l'expression de certains gènes, et comment ces « marques » peuvent parfois être visibles chez les enfants ou petits-enfants.
Toutefois, les héritages ne circulent pas seulement de haut en bas dans l'arbre généalogique : ils voyagent aussi horizontalement, entre personnes d'une même génération. Et parfois, l'influence familiale dépasse même le cercle de ceux que nous avons connus ou côtoyés, pour se frayer un chemin depuis des histoires bien plus anciennes.
L'enquête de Heijmans et al. (2008, PNAS) a révélé des modifications durables de méthylation du gène IGF2 observées 60 ans plus tard chez les enfants de femmes enceintes malnutries. Les enfants qui ont connu la famine in utero, au cours des premières semaines de gestation, semblent être marqués à vie. Leur patrimoine génétique conserve la trace de cet événement, crédibilisant la théorie selon laquelle la santé d'un individu est en partie programmée par l'environnement auquel le fœtus est exposé dans l'utérus.
Le rapport de Yehuda et al. (2015, Biological Psychiatry) a mis en évidence des altérations de gènes liés au stress chez les survivants et leurs enfants. Il s'agit de la première démonstration d'une association entre un traumatisme parental préconceptionnel et des altérations épigénétiques, observées tant chez le parent exposé que chez sa progéniture.
L'étude de Dias & Ressler (2014, Nature Neuroscience) a découvert la transmission sur deux générations de la peur d'une odeur chez la souris. Les deux générations suivantes présentaient une sensibilité comportementale accrue à l'odeur conditionnée, mais pas aux autres odeurs. La fécondation in vitro et l'hérédité F2 ont révélé que ces effets transgénérationnels sont transmis par les gamètes parentaux.
Ces exemples nous rappellent que l'héritage familial ne se limite pas à ce que l'on voit ou entend : il peut être inscrit jusque dans nos gènes et influencer nos vies de façon subtile, mais profonde.
Cependant, il est important de rappeler que les recherches sur le transgénérationnel en sont encore à leurs prémices. Si certaines études offrent des pistes intéressantes, leurs résultats doivent être interprétés avec discernement. La science est encore loin d'avoir tout expliqué, et c'est précisément cette part d'inconnu qui invite à rester ouvert, en croisant approches scientifiques, expériences cliniques et vécus personnels.
Si la science explore les mécanismes de transmission, les constellations familiales offrent, elles, un espace d'expérimentation et de libération.
Elles ont été créées dans les années 1990 par Bert Hellinger (1925-2019), psychothérapeute et pédagogue allemand. Fort de son expérience auprès des communautés zouloues en Afrique du Sud et de sa formation en psychanalyse, en Gestalt-thérapie et en analyse transactionnelle, il a mis au point cette approche systémique visant à révéler et dénouer les dynamiques inconscientes d'un système familial. Il est notamment l'auteur de Les fondements de l'amour dans le couple et la famille (2002), dans lequel il explore les « ordres de l'amour » et la manière dont certains déséquilibres peuvent entraîner souffrance, blocages ou répétitions dans les générations suivantes.
L'intérêt pour les constellations familiales a été démultiplié grâce à la pop culture, notamment via la série turque à succès Le Chemin de l'Olivier, diffusée sur Netflix. Elle explore en quelques épisodes l'héritage des secrets familiaux et vient enrichir cette réflexion par sa narration captivante.
En parallèle, les recherches d'Alejandro Jodorowsky sur la psychogénéalogie ont enrichi cette approche. Jodorowsky, artiste multidisciplinaire, réalisateur, écrivain et praticien de psychogénéalogie d'origine chilienne et française, explore comment les traumatismes et secrets familiaux se transmettent de génération en génération. Ses travaux mettent en lumière la profondeur des liens invisibles qui structurent nos vies et ouvrent la voie à une guérison plus complète des blessures ancestrales. Son approche, plus symbolique et créative via les actes psycho-magiques, complète la dimension systémique des constellations.
Concrètement, les constellations familiales permettent de travailler :
« J'ai eu la chance d'être accompagnée par Nantcy pour aller découvrir des situations familiales assez violentes et je me suis sentie vraiment en sécurité et bien encadrée pour faire face à ces chocs émotionnels grâce à sa bienveillance et à son professionnalisme. »
Ce sentiment de sécurité est fondamental pour explorer des mémoires parfois douloureuses, et c'est dans cet espace protégé que la libération devient possible.
Cette approche rejoint, par d'autres chemins, ce que la science observe : que nos histoires sont tissées sur plusieurs plans et que les comprendre peut nous libérer.
Il est important de souligner que, malgré ses nombreux bienfaits, la méthode des constellations familiales et systémiques suscite parfois des débats. Certains professionnels de la psychologie estiment que l'approche manque de preuves scientifiques robustes et repose sur des perceptions subjectives. Néanmoins, l'efficacité de cette méthode auprès de nombreux participants et entreprises témoigne de son potentiel pour initier un changement positif.
Comme toute thérapie brève, pour éviter toutes dérives ou abus, cette pratique doit être effectuée avec un accompagnant formé, dans un cadre sécurisé et bienveillant. C'est ce que je vous propose dans mes ateliers de libération émotionnelle.
Travailler sur ces transmissions, c'est toucher à la fois le cœur, l'esprit et le corps. Cela permet de se réapproprier son histoire et de se replacer à la juste distance de ce qui ne nous appartient pas. C'est un chemin pour dire :
« Je vois d'où je viens. Je rends ce qui n'est pas à moi et je choisis mon chemin. »
Parfois, un simple exercice d'écriture intuitive peut être le premier pas vers cette libération.
Avant de commencer, prenez un moment pour vous installer dans un espace calme et sécurisant. Cet exercice est une invitation à dialoguer avec votre mémoire familiale.
Écrivez : « Dans ma famille, je sens que… » et laissez venir tout ce qui émerge, sans filtre.
Notez si ces phrases concernent :
Relisez, puis entourez ce qui ne vous appartient pas et écrivez : « Je rends ce qui n'est pas à moi ».
Intergénérationnel, intragénérationnel ou transgénérationnel… vous l'aurez compris : certains poids que vous portez ne sont pas les vôtres. Pourquoi continuer à les garder ?
Avec Magic Constell', offrez-vous un espace sûr pour les reconnaître, les déposer et reprendre pleinement votre place dans votre histoire.
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